FAUX MAITREYA

LA PRÉTENTION MENSONGÈRE DE CLAUDE VORILHON D’ÊTRE « LE MAITRAYA » 1

Bien après avoir prétendu avoir reçu un message d’un extraterrestre en 1973, Claude Vorilhon alias Raël s’est progressivement autoproclamé « Le Maitraya ». Tout a commencé d’une façon banale comme l’expression d’une anecdote. En effet, lors d’un stage d’été à « Valcourt » - et cette année-là, il a dû tenir un langage semblable dans quelques autres lieux de stage dans le monde, dont l’Asie bien sûr - Claude Vorilhon alias « Raël » a fait part à ses adeptes présents (un peu comme s’il marchait sur des œufs, ou comme les ballons d’essai que le monde politique lance de temps en temps pour mesurer la capacité d’absorption d’une idée nouvelle) d’un fait attrayant à savoir que les raëliens coréens lui avaient dit avoir découvert dans les écrits bouddhistes anciens qu’il pourrait être « le Maitraya » annoncé. Et il ajoutait – et c’est cela qui était vicieux - que ces raëliens coréens appuyaient leur découverte sur le fait qu’il y était dit que ce « Maitraya » viendrait « du pays du Coq ». Mais il n’en parlait surtout pas comme d’une révélation qui lui a été faite. Cette prétention, il la gardait pour plus tard quand viendrait le temps de la rendre irrémédiable, définitive et perpétuelle.Revenons « au pays du coq ». Comme la France a un symbole national qui est un coq et que Claude Vorilhon est originaire de la France, un pays qui est à l’ouest de l’Inde, il n’y avait qu’un pas à franchir pour oser dire que Raël = « le Maitraya ». Ainsi, à partir d’un livre qu’il a publié quelques mois plus tard, Claude Vorilhon a accrédité cette hypothèse en donnant à ce livre le titre « Le Maitraya ». Et depuis ce temps, il s’affuble et se fait affubler partout, à l’interne comme auprès des media, du titre de « Maitraya Raël ».

Sa propre statue à ses pieds

Le faux prophète n’a pas lésiné sur les moyens, convaincu que des raëliens seraient prêts à en payer le coût; il est même allé jusqu’à se faire reproduire sous forme de statue à vendre au gros prix. Je me rappelle qu’on avait placé ladite statue par terre sur la scène pendant les exposés du stage d’enseignements de Valcourt et je me rappelle surtout que j’avais particulièrement trouvé gênant de la voir à ses pieds quand il parlait. C’était trop! De la même façon que la vente aux enchères de deux photos agrandies et encadrées de son épouse nue, qui avait monopolisé une très grande partie d’une soirée pourtant prévue pour être divertissante, m’avait créé un malaise tout aussi grand. Il est fort probablement très significatif que la promotion de ladite statue n’ait pas fait long feu. De même qu’il ne fut pas surprenant que la journaliste Brigitte McCann ait fait grand cas de cette enchère prédatrice. Revenons à l’objet principal du présent dossier. Maintenant que la preuve est faite qu’il est un faux Maitraya, cela m’apparaît encore plus gênant. Ça relève même d’un très grand loufoque. En effet, cette preuve est faite. Il a fallu que quelqu’un s’arrête à l’analyse de la question, y mette le temps voulu - et les sous qu’il fallait aussi - et démontre rigoureusement que, à cet égard, Claude Vorilhon, prétendu prophète, mentait effrontément. C’est ce à quoi s’est attablée Claire Labrie, une exraélienne qui a été membre de l’organisation de l’imposteur pendant 25 ans.

Une démonstration impeccable

Claire Labrie démontrait, hors de tout doute, dans un courriel qu’elle faisait parvenir à 3000 raëliens du monde entier en 2007, que Claude Vorilhon alias Raël avait menti en prétendant être « le Maitraya ». En confrontant les prétentions des raëliens coréens sur leur site Internet, d’où est venue formellement la controversée position, Claire a jeté par terre tous leurs arguments, en prouvant que :1. Claude Vorilhon n’est ni « le Maitraya », ni un Maitreya, et donc pas le messie attendu par une portion des Bouddhistes ; 2. il n’est pas « le roi du coq », une expression issue d’une mauvaise interprétation et dont la vraie réalité ne peut pas être attribuée à une personne, ni donc à Claude Vorilhon; 3. l’ouest évoqué par les coréens raëliens n’est pas la France et donc pas le lieu d’origine d’un éventuel Maitreya, mais plutôt un coin de pays à l’ouest de l’Inde ;et finalement 4. le siècle de naissance du Bouddha ne peut pas être celui que les raëliens coréens lui attribue pour rendre cette chimérique invention possible, ce qui change tout. Ce qui change tout en effet puisque les calculs pour faire concorder l’aboutissement des 3000 ans d’attente d’un messie bouddhique suivant la mort du Bouddha, avec l’année 1973, prétendue être celle d’une rencontre extraterrestre de Claude Vorilhon, ne tiennent pas du tout la route. Et attardons-nous sur ce dernier point. La plus grande force de sa démonstration réside dans le fait que Claire Labrie a bien identifié, et avec prudence et conviction, la période où le Bouddha a vécu soit par des citations d’écrits incontournables le situant bien dans le temps ou par des citations le reliant à des personnages historiques tout aussi bien situés dans le temps, en démontrant que le Boudhha était leur contemporain. Cette démonstration particulièrement avait l’effet de bien faire voir que les calculs des raëliens coréens pour démontrer que Claude Vorilhon était « le Maitraya » étaient un subterfuge pour rendre crédible la prétention de Claude Vorilhon. Cela avait pour effet parallèle évidemment, compte tenu de la dynamique interne de l’organisation raëlienne, de valoriser ces raëliens aux yeux de l’imposteur, cela pouvant aider ultérieurement à monter dans la hiérarchie du pouvoir raëlien.

La pensée magique en action

Je me permettrai de rajouter quelques éléments aux conclusions de Claire Labrie. Il s’agit de faits qui, par ailleurs, en disent long sur la préoccupante soumission des raëliens à l’égard des histoires racontées par leur chef et de leur docilité proverbiale. On dira d’ailleurs un jour : « docile comme un raëlien ».Revenons à ces raëliens coréens. Pour être sûrs d’en arriver à prouver ultimement que Claude Vorilhon est « le Maitraya » et donc, pour en arriver au chiffre magique qui est celui de l’année 1973 (date prétendue d’une rencontre avec un extraterrestre) quand on y ajoute les 3000 ans qui sont censés s’être écoulés depuis la naissance du Bouddha, les raëliens coréens qui ont convaincu leur faux prophète qu’il était « le Maitraya », ont osé substituer un dénommé Beddou au Bouddha vu que l’année de naissance de ce Beddou permettait comme par magie, en y ajoutant les 3000 ans d’attente, annoncés par les textes anciens, d’arriver à ce chiffre de 1973. Un véritable scandale, considérant qu’on détenait déjà la bonne information dans l’organisation raëlienne quant au moment de naissance du Bouddha.

Deux raëliens en contradiction

En effet, et ironiquement, dans deux numéros différents de la Revue raëlienne Apocalypse, et cela bien avant la recherche faite par Claire Labrie, deux raëliens ont fixé la date de naissance du Bouddha à une année tout à fait semblable à ce qu’avance Claire Labrie. L’un disait : « 600 av. J.-C. » 2 L’autre : « vers 500 av. J.-C. » 3 Il s’agit respectivement du Coréen Yun Pyo Jung et du Français Marcel Térusse qui est la caution scientifique de l’organisation raëlienne depuis de nombreuses années. Or –600 +3000 = 2400 et –500 + 3000 = 2500. Donc, dans les deux cas, pas du tout 1973 et loin de là. Cette seule donnée suffit à démontrer l’imposture de Claude Vorilhon alias Raël quant à la question du Maitreya.Mais pourquoi lesdits raëliens se sont-ils tus depuis que ce mensonge s’est mis à circuler? Tout simplement parce qu’il y a une culture du silence devant les mensonges de Claude Vorilhon à ce niveau de la hiérarchie raëlienne 4. Et davantage encore quand les mensonges ont été suggérés au chef par sa base militante. Il s’agit-là d’une très inquiétante complicité.

Réaction des raëliens

La contre-partie d’un certain nombre de raëliens, l’aliénation aidant, dès qu’ils se trouvent confrontés à un argument qui devrait jeter leur certitude par terre, est de « déclarer » le chercheur « malade ». Un bon nombre des 3000 raëliens à qui Claire Labrie a envoyé sa démonstration par Internet, n’ont pas manqué de jouer ce jeu avec elle, ce qui trahissait bien leur désarroi, incapables qu’ils étaient de contredire ses arguments sur le fond. Et leur chef ne leur a pas rendu la vie plus facile. Nulle part on a vu par la suite une réponse articulée de l’organisation raëlienne à la démonstration de Claire Labrie, cela après plusieurs mois de publication de sa recherche. Pour finir, en tentant de faire croire qu’il est à la fois le « dernier des prophètes » et « le Maitraya » alors que nous savons maintenant que cela est faux, il est maintenant possible de dire que Claude Vorilhon alias « Raël » s’était mis dans la fâcheuse situation de se faire passer pour un « prophète menteur et malhonnête ». Ainsi donc, la recherche de Claire Labrie concourre magnifiquement à ajouter à la preuve que Claude Vorilhon est un faux prophète, menteur et intellectuellement malhonnête, par surcroît. Cette conclusion devient inéluctable quand on sait que Claude Vorilhon alias raël est un imposteur. En effet, comment un imposteur pourrait-il être un personnage annoncé par les écritures anciennes bouddhiques?J’invite les lecteurs de mon blogue à aller lire l’intégralité de la démonstration de Claire Labrie sur son propre site informatique en cliquant sur http://www.clairelabrie.com/ à partir d’un moteur de recherche comme Google.

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Notes de bas de page

1 D’abord, pour le bénéfice des chercheurs et des lecteurs, il faut dire que Raël et les raëliens écrivent erronément « Le Maitraya ». Dans les milieux connaisseurs, ailleurs, on écrit « Maitreya », en omettant donc d’écrire l’article « le » devant ledit mot. Maitreya se devant d’être un personnage, on se doit de le dire ainsi : « Maitreya » et non pas « le Maitraya ».

2 10ième page (n. p.) de l’Apocalypse no 83 (mars, avril et mai 1991)

3 P. 15 du Supplément (sur « les grandes religions ») de l’Apocalypse no 994 Cette propension des raëliens à assumer les mensonges du prétendu prophète est devenue particulièrement aigüe chez les raëliens à l’occasion de ce que les media ont appelé « le canular du clonage raëlien ».