DE COCASSES INVRAISEMBLANCES

ou

IMPROVISATION DE FAUX PROPHÈTE

C’est souvent de détails en apparence anodins que l’on voit jaillir les plus claires significations ou leur contraire. Claude Vorilhon alias « Raël », par des faits relevant quasi de l’anecdote, en a parfois dit plus long, sans s’en rendre compte, sur le sens de sa démarche que toutes les grandes analyses qu’on est naturellement portés à faire. Commençons donc par le plus simple. Et laissez-moi vous produire quelques exemples révélateurs (sans jeu de mot), en allant du plus anodin au plus significatif.

« SAIN » OU « SAINT »?

Lors de l’écriture de son premier livre que les raëliens appellent maintenant les messages, Claude Vorilhon alias « Raël » a avancé que les traducteurs de la Bible avaient erré en écrivant « saint » au lieu de « sain » dans les versions de la Bible: « Ils auraient dû écrire ” car ces vêtements sont sains ” » 1, avait écrit le faux prophète. Il s’agissait en fait d’une prétention de sa part pour lui donner du crédit et de l’originalité, d’une portée linguistique réelle, mais valable seulement en ce qui concerne la langue française, et les langues latines au « forçail » (ex. espagnol : « sano » vs « santo »). Car, dès qu’on implique la langue d’origine du texte biblique, l’araméen ou l’hébreux ancien, son entourloupette paraît relever de la plus complète invraisemblance et de la plus pure fantaisie. En effet, les mots « sain » et « saint » dans ces langues sémitiques ne se prononcent pas comme en français et ne se ressemblent pas non plus. De plus, l’ « Éloha » que l’imposteur prétend avoir rencontré ne peut pas avoir fait une telle erreur à propos d’une langue qu’il est censé connaître; et encore bien moins à propos de la sienne très proche, selon Claude Vorilhon 2, de l’hébreux ancien. S’il n’y avait pas d’erreur d’usage de mots au niveau des mots originaux, comment une telle erreur pouvait-elle se répercuter sur le français au moment de la traduction? Poser la question c’est y répondre.

ELOHA

Claude Vorilhon « révèle », dans son deuxième livre, que la personne extraterrestre qu’il prétend avoir rencontrée en décembre 1973 n’était nul autre que Iahvé. Et que cette personne était le président des Elohim. Jamais quiconque ne l’a entendu dire que cette personne était une femme. Or, il répète constamment que dans l’ancien volcan de Lassola à proximité de Clermont-Ferrant, il a rencontré « un Eloha ». Et pourtant « Eloha » (ou « Eloah ») est un mot incontestablement féminin 3. Seul un faux prophète ignare pouvait faire une erreur semblable.

DES APPELLATIONS DIFFÉRENTES AU GRÉ DES RÉÉDITIONS

Claude Vorilhon fait preuve d’une invraisemblance encore plus notable dans les différentes rééditions de ses livres. Dans chacune, au fil du temps, il a changé l’appellation de son organisation que les Elohim sont censés lui avoir demandé d’utiliser. En effet, dans le chapitre de sa prétendue révélation, intitulé « Mouvement raëlien », ils étaient supposés lui avoir dit : « Votre mouvement vous l’appellerez le MADECH ». Ça c’était dans l’édition achevée d’imprimer le 5 novembre 1974, p. 141. Dans l’édition suivante dite « du message », aussi indiquée de l’année 1974, il leur faisait dire, p. 135 : « Votre mouvement vous l’appellerez le Mouvement raëlien. » Et c’est d’ailleurs ce nom qu’il a décidé d’écrire à cet endroit du livre dans la version téléchargeable daté de 1998 (LVVDD, p. 92 ) où il a pourtant décidé de faire de multiples corrections à des erreurs qu’il avait faites (références incomplètes, inversion de chapitre, absence de guillemets aux endroits où c’est « l’Eloha » qui parle, imparfait où il aurait dû y avoir le passé simple, etc). 

Et Religion Raëlienne aussi ? Eh oui !

Et, summum de l’inconséquence, dans une édition supplémentaire sous le titre Les messages que m’ont donnés les Extraterrestres, avec en sous-titre Ils sont ceux que nous avons appelés Dieu, achevé d’imprimer le 7 octobre 1998, aux Imprimeries Flashcopie Dorsaz (à Fully, en Suisse), aux Éd. de la Fondation Raëlienne, CLAUDE VORILHON écrivait ( p. 135). : « Votre mouvement vous l’appellerez la Religion raëlienne. » De plus, en bonus, p. 152, de cette dernière édition, le chapitre intitulé MADECH* est devenu RELIGION RAËLIENNE, sans aucune note explicative. Le faux prophète est donc ainsi passé de « MADECH » à « Mouvement raëlien », puis à « Religion Raëlienne » comme s’il faisait de la pensée magique. Logiquement, il ne pouvait y avoir qu’une seule appellation possible puisqu’il s’agissait de rapporter les dires d’une tierce personne, à savoir Iahvé. Cet exercice de correction de la vérité après coup ne peut que constituer la preuve d’un comportement totalement inacceptable, malhonnête et maladif de la part d’une personne qui semble pourtant avoir le total contrôle de son organisation, tout au moins dans toute sa partie francophone, longtemps la plus volumineuse, et par le biais d’adjoints pour les autres langues via l’anglais ! Le plus risible quant à ces appellations changeantes, c’est le fait que cela se passe dans un chapitre intitulé « Le mouvement raëlien », le nom qui est apparu comme pour combler une erreur. En effet, l’IMPOSTEUR s’était enregistré erronément en vertu de la loi française de 1901, une erreur de stratégie qui a largement conditionné la prétendue mission du faux prophète. Toute cette foire me confirme que j’étais dans la bonne voie quand j’ai pris la décision de parler de « sa créature » en utilisant le mot « organisation », sans la qualifier. Seul un faux prophète sûr de pouvoir faire avaler n’importe quoi à ses adeptes a pu se permettre une telle inconséquence.

QUI PARLAIT?

Lire, c’est communiquer avec une autre personne. La première chose que l’on cherche à savoir quand on lit un livre, c’est d’identifier la personne « qui nous parle ». Si cela n’est pas clair, l’auteur a l’obligation de refaire ses devoirs. Or, à la lecture des deux premiers livres de Claude Vorilhon alias « Raël » on est constamment en train de se demander si la personne qui parle est Claude Vorilhon ou l’extraterrestre Iahvé. Cela pose évidemment un énorme problème de compréhension, mais surtout un problème encore plus sérieux d’authenticité. En 1995, en rééditant ses deux premiers livres en un seul sous le nouveau titre « Le vrai visage de Dieu », le faux prophète a décidé de mettre des guillemets avant et après les parties où c’est Iahvé qui est considéré être celui qui parle. Cela a fait augmenter substantiellement la quantité des textes de ses livres où c’est lui, Claude Vorilhon, qui parlait. Cela constituait donc un impardonnable impair aux yeux de tous ceux qui l’ont lu avant et qui croyaient que la plus grande part du contenu était fait des paroles de Iahvé. Cela pose donc la question suivante : « Pourquoi n’est-il pas allé chercher conseil auprès d’un expert en écriture, étant donné l’ignare qu’il était ? » Et la réponse saute aux yeux. Un imposteur ne tient pas à mêler une autre personne à ses manigances… Cela est trop risqué. Mais le moyen qu’a trouvé l’imposteur de masquer cette crainte, fut de dire que les extraterrestres l’avait choisi pour sa simplicité. Il avait en fait mêlé « simplicité » et « simplisme ». Était-ce vraiment la qualité de communication que des extraterrestres voudraient de leur unique représentant sur Terre? Sûrement pas.

QUAND UNE RÉVÉLATION PREND 5 ANS À SE FAIRE…

Mais étant donné qu’il n’y a pas eu dans la réalité de rencontre, ni message, ni suggestion de nom à donner à son organisation, on ne peut que constater que l’imposteur tergiversait à propos de ce nom, ayant pris 25 ans pour en arriver à donner un nom à consonance religieuse à son organisation qu’il dit pourtant être une religion athée depuis l’impression de son 2ème livre en novembre 1975 dans lequel il faisait dire à Iahvé, (p. 84, p. 158 de la version téléchargeable) : « J’insiste, c’est bel et bien une religion athée comme vous l’aviez compris », ce « comme vous l’aviez compris », le trahissant une fois de plus, puisqu’il n’en avait pas parlé dans le premier livre. Quand une révélation exige la publication de 4 ou 5 livres en 5 ans pour être claire, sans compter les prétendues révélations additionnelles (celle de « Brantôme », le 6 octobre 1995 et celle dite du « 13 décembre 52 » ) c’est qu’il y a anguille sous roche ! « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément », disait Boileau. Et ce dernier aurait pu ajouter : « … en un temps raisonnablement court. ».

SIGNIFICATION DU NOM DU PRÉTENDU PROPHÈTE

Pour atteindre le maximum de crédibilité, Claude Vorilhon a interprété le mot « Raël », le nom qu’il s’est lui-même attribué, comme voulant dire : « Le messager ». Ou « l’ambassadeur des Elohim ». Et autres.

« IsRaëliens » et « Raaël »

Dans le Contact no 317, l’organisation de Claude Vorilhon s’est permis d’écrire « IsRaëlien » tel que vous le voyez ici. Donc avec ce « R » majuscule. La raison de cette manière de faire est, vous l’avez deviné, d’arriver à un lien entre Israël et celui qui s’est autoproclamé « Raël », une autre façon de chercher à fournir un signe qui pourrait faire accroître la crédibilité de son personnage et faire oublier son mensonge… une tricherie de plus. Mais, pour que ce lien soit faisable, et que l’idée de messager, qu’il prétend « être », y soit accolé, il aurait fallu que le nom emprunté par Claude Vorilhon soit « Raaël » (avec deux « a »).

“Raël” ou « le malfaisant de Dieu » (“Evil of God”)

Dans les « messages » et dans la documentation produite par l’organisation, il est dit que le nom « Raël » veut dire « le messager » ou « le messager des Elohim ». Cette assertion s’appuie sur une fausseté et constitue même une erreur grave. On n’est pas sans le savoir dans l’environnement de Claude Vorilhon car une commande a été donnée à Léon Mellul ce « guide », juif d’origine, responsable de la diffusion auprès des Juifs et des « Arabes » pour en faire la vérification et confirmer ce qu’en disent les « messages ». Pour pouvoir lui donner un sens qui se rapprocherait de ce que Claude Vorilhon avait écrit, le « conseiller » Mellul a dû faire usage d’une petite astuce. Il a dit que le véritable sens du mot vient des sons RA A EL. C’était avouer que le mot “raël” en tant que tel n’a pas le sens que Claude Vorilhon lui donne. Pire encore, le mot que les « juifs » entendent quant on prononce le mot « rael » devant eux a même un sens extrêmement négatif. Dire « rael », ça équivaut pour eux à dire « evil of God » - « le malfaisant de Dieu » ou encore « le méchant des Elohim ». Cela est confirmé par la conclusion d’un texte écrit par Ariel Bar Tzadok, tiré de Kosher Torah et intitulé The Danger of UFO Cults Cloning Babies, dont le copyright date de 2002. Il y est dit textuellement : «Then again, what more can you expect from one who calls himself the “evil of God.”. » (Traduction libre: « Alors encore, que pouvez-vous attendre de plus de quelqu’un qui se nomme lui-même le méchant de Dieu »). Même en changeant « Dieu » pour le mot « Elohim », Claude Vorilhon n’aura pas amélioré son sort ! N’importe laquelle des personnes connaissant relativement bien la langue hébraïque vous dira que le mot « raël » a cette bizarre et ridicule portée. Et dire que Claude Vorilhon s’attendait, avec un nom pareil, à ce qu’Israël lui donne la permission de construire à Jérusalem une ambassade pour l’accueil des Elohim extraterrestres… Où même, qu’ils la construisent pour lui comme il a commencé à en évoquer l’obligation 4. Le lecteur admettra qu’une telle erreur ne peut pas venir de ceux-là même dont Claude Vorilhon a affirmé qu’ils lui ont dit « la vérité ». Comment auraient-ils pu assumer que leur envoyé fasse rire de lui ? De la part des Juifs, par surcroît ? Ce n’est donc finalement qu’une astuce de plus pour s’accréditer. S’il s’en était tenu au nom « Claude Raël » qu’il dit lui avoir été donné par les ELOHIM (p. 151, p. dans la version téléchargeable), son authenticité serait aujourd’hui moins contestable. Mais on ne peut pas demander à un mégalomane, imposteur en plus, de ne jamais sortir de chez lui… 

CLAUDE RAËL

Revenons à ce Claude Raël. Claude Vorilhon, dans son premier livre apprenait à ses lecteurs que les Extraterrestres lui ont dit de s’appeler Claude Raël et de se faire appeler progressivement Raël. Et conséquemment, en page 87 de l’édition de décembre 1975, Claude Vorilhon a écrit à ce sujet : « Vous, Claude Raël, vous êtes notre ambassadeur sur terre… », donc conformément à la prétendue volonté des Elohim. Or, en page 160 de la version téléchargeable (édition de 1998), il a fait écrire exactement au même endroit du texte : « Vous Raël, vous êtes notre ambassadeur sur terre… » (laissant alors ainsi tomber le « Claude »). Comment est-il donc possible que la citation de l’extraterrestre ait pu changer 23 ans plus tard (comme pour l’appellation de son organisation) tout simplement parce que le fondateur publiait une autre édition? C’est simple : par pensée magique! Ou par tricherie! Ou les deux, peut-être?

Ce qui précède se voulait un hors d’œuvre. Ici aussi, tout comme on le verra plus loin, il y a preuve que Claude Vorilhon est un imposteur. Cela ne suffira pas aux raëliens, en général… Les autres dossiers auront donc toute leur importance.

Un ajout juteux 

LE PARADISME. C’EST QUOI ÇA ?

La parade serait-elle une nouvelle manie des raéliens qui prend une autre forme?

Si la géniocratie était le but philosophique du mouvement de Raël, il est maintenant le paradisme. Paradisme pour l’atteinte d’un paradis retrouvé, ce qui devrait alors être le paradisisme. Mais, quand l’imposteur s’est gouré, il faut se lever de bonne heure pour le faire changer d’idée. J’en sais quelque chose

FORT DES CITATIONS DES AUTRES

Quelqu’un m’a fait parvenir un texte où se trouve la phrase suivante : « Comme dit le Ghandi […]: ” l’erreur n’est pas une vérité parce qu’elle est partagée par beaucoup de gens (depuis des siècles et des siècles), tout comme une vérité n’est pas fausse parce qu’elle est émise par un seul individu”. Raël a répété constamment cette idée sans jamais dire à ses adhérents qu’elle
était de Gandhi. Le faux prophète est d’une malhonnêteté intellectuelle sans borne ».

Moi j’ajouterai que c’est un signe d’une volonté de manipulation de sa part. Il a fait la même chose avec la citation suivante de Nietché «Tout ce qui ne tue pas rend plus fort», extraite de son essai Le crépuscule des idoles publié en 1888. Raël l’avait quelque peu modifié pour dire : « Ce qui ne me tue pas,me renforce.»

Il semble, pour se donner un semblant d’avoir une pensée originale, qu’il ait consulté un ouvrage genre Dictionnaire
des citations
. Pour un ignare, habitué à faire de la poésie facile, c’était une bonne idée. Celui qui emprunte sans donner ses sources semble plus convaincant,mais il finit par faire la preuve qu’il est le plus grand des malhonnêtes intellectuels. Avec un gars comme ça, on peut s’attendre à n’importe quoi.

Cela rejoint le fait qu’il a identifié des références à la Bible en nous condamnant à les trouver nous-mêmes, par des lectures assidues, comme une aiguille dans des bottes de foin, comme si ces références découlaient d’une méthode autre que celle d’une recherche personnelle…

13 juillet 2013

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Notes de bas de page

1 Sains vs saints : p. 71 (51, dans la version téléchargeable).

2 Dans son premier livre, Claude Vorilhon faisait dire à Iahvé (dont on ne savait pas encore le nom): « Je parle toutes les langues du monde. » (p.18, p. 14 dans la version téléchargeable). De plus, aux mêmes pages, Iahvé dit que sa langue équivaut à celle des Juifs : « Notre langue officielle se rapproche beaucoup de l’hébreu ancien », écrivait-il en page 145 (97, dans la version téléchargeable). De plus, Claude Vorilhon enseigne que les parties d’un mot ont une valeur et que la totalité de la valeur du mot correspond à la réalité scientifique du mot. Et que par conséquent, la langue des Elohim serait donc scientifique. 3 Eloah est un mot féminin, selon le dictionnaire Webster et Le Pharisien libéré. Dans Le Pharisien libéré, la preuve est intéressante car elle trouve justement son application dans un texte de la Bible. Il y est dit textuellement : « Prouver la trinité par l’un des nombreux noms de Dieu dans la Bible semble aux contemporains un choix parcellaire, voire absurde s’il la base (sic) est une particularité grammaticale. On trouve aussi “El” au singulier et même Eloah (au féminin singulier) dans Job. » CQFD. L’apparition de Eloah dans la Bible est exceptionnelle. L’Index théologique et sociologique de La Bible de la Pléiade indique l’utilisation du mot « Eloah » à 4 reprises dans l’Ancien Testament. En page 610, on identifie le mot « Eloah » comme un mot singulier ». Mais, sans dire s’il est masculin ou féminin. Par contre, à la page 1002, note 22, il est textuellement écrit : « Le nom divin Eloah, caractéristique du Livre de Job, reparaîtra dans Psaumes… » Une rapide vérification dans le Livre de Job a permis de constater que parfois « Dhorme », le traducteur, utilise « Dieu » et parfois « Eloah », ce qui devait sûrement répondre à des impératifs au niveau du texte à traduire. Faisons l’hypothèse que l’être divin qui s’adressait alors à Job était une femme; il fallait que cela transparaisse. D’une certaine façon, La Bible, et surtout l’Ancien Testament, est un ensemble de livres anciens « censurés » par ses usagers monothéistes grâce aux copistes, mandatés ou pas, au fil du temps. En l’occurrence, il aurait paru invraisemblable qu’un dieu soit féminin. Y aurait-il alors eu quelques petits oublis ?   4 Dans le Contact, no 317, Claude Vorilhon a pour la première fois en plus de 30 ans, évoqué l’hypothèse qu’Israël « devrait construire l’ambassade », une nouveauté sans précédent. Le faux prophète aime mettre tout le monde à son service!